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la vigilance est votre alliée - Dzogchen ponlop Rinpoché
la vigilance est votre alliée - Dzogchen ponlop Rinpoché

La vigilance est votre alliée

Pour que n'importe quel apprentissage aboutisse, nous devons être présents dans un état conscient. Notre esprit doit être là avec notre corps. Aussi l'une des premières choses que nous apprenons est-elle la pratique de la vigilance. Elle consiste simplement à nous faire entrer pleinement dans le moment présent et à nous y ramener chaque fois que nous remarquons que nous sommes partis ailleurs. Deux choses sont ici en jeu : la conscience d'être dans le présent, et la vigilance qui nous voit quitter le présent et nous y ramène. Si nous voulons rester dans le moment présent tout en étant attentifs à notre expérience vivante, nous devons être à la fois conscients et vigilants.

Le fait de ramener votre esprit dans le présent est un acte d'autodiscipline. La tendance de l'esprit à aller de-ci, de-là, du présent au passé, du passé à l'avenir et ainsi de suite, reçoit un coup d'arrêt. C'est comme lorsque la cloche sonne à la fin de la récréation. et que le professeur rappelle les élèves à l'ordre. Pendant un moment, tout le chaos se dissipe et l'on a quelques précieuses secondes d'attention silencieuse, simple, unifiée. Comme tous les petits enfants, l'esprit a du mal à rester tranquille. Il ne tarde pas à s'agiter et à vagabonder. N'importe quel pédagogue vous dira qu'aucun enseignement ne peut se faire quand les enfants se tortillent sur leur siège. C'est la même chose quand nous éduquons notre esprit. Nous devons nous souvenir d'être présents et attentifs.

Tout notre apprentissage repose sur ces deux pratiques: la vigilance et la conscience. La conscience est le fait de rester dans le présent. La vigilance veut dire "nous rappeler" ou " ne pas oublier" d'observer l'esprit et de voir quand il s'égare hors du présent. Dès que nous le constatons, nous sommes de retour dans le présent. Sans l'activité de la vigilance, nous nous perdons dans le flux continu de pensées qu'engendre l'esprit, et notre conscience devient pareille à un enfant perdu dans une forêt touffue.

Entre les deux pratiques, on insiste généralement davantage sur la vigilance, parce qu'elle assure la continuité de notre conscience. La vigilance veut dire ne pas cesser de se rappeler. Elle a une certaine capacité de répétitivité. C'est ainsi, par la répétition, que nous développons tous nos modes d'action habituels, négatifs ou positifs. Ainsi, dans ce cas, en cultivant une présence vigilante, nous établissons une tendance positive qui a le pouvoir de transformer toute tendance négative.

Quand nous sommes vigilants, nous remarquons le flux des choses. Nous percevons une continuité de notre conscience, une expérience complète du moment présent. D'ordinaire, notre perception des choses n'est ni pleine ni claire. Elle est interrompue par des pensées, des concepts et toutes sortes de distraction. (...). Quand nous sommes présents, vigilants et non distraits, aucun détail ne manque à nos observations.

Ensemble, la vigilance et la conscience produisent une qualité de concentration qui est précise et claire. Vous êtes clair à propos de vos pensées, de ce que vous voyez, entendez et ressentez. Quand vous voyez quelque chose dans un moment de présence, vous savez exactement ce qui arrive - avec une précision très fine, au-delà de toute expression.

Si nous comparons notre esprit à une maison, notre vigilance en est l'occupant. Comme nous n'y voulons pas d'intrus ou d'hôtes indésirables, nous nous en fermons à clef toutes les portes et les fenêtres. Personne ne peut entrer sans notre accord. Tel est le rôle de la vigilance : surveiller ce qui essaie d'entrer dans notre esprit. Si une pensée coléreuse tente de s'y introduire, elle n'y parvient que si nous lui ouvrons la porte. Notre but n'est pas de nous tenir à l'écart, mais de rester conscient de notre environnement et de ce qui se passe à l'intérieur de notre esprit, pour pouvoir y faire face comme il convient. Nous pouvons ouvrir la porte à cette pensée irritée, l'écouter, puis la prier de sortir. Nous la reconnaissons comme pensée et ne la prenons pas pour nous-mêmes. Tout est là. Nous déplaçons ainsi l'expérience vécue. Au lieu de nous dire : " Je suis vraiment furieux ", nous pensons : " Tiens, une pensée coléreuse me traverse la tête." Il est facile d'abandonner une pensée qui est un hôte de passage dans notre esprit; c'est plus ardu quand nous endossons l'identité de l'hôte. A qui allez-vous demander de partir ?

Où que nous soyons et quoi que nous fassions, nous pouvons pratiquer la vigilance. Il est essentiel que toutes les méthodes travaillent avec le corps, la parole et l'esprit. Vous pouvez être en train de marcher dans la rue, de méditer ou de lire un livre. Cette pratique est notre plus grande amie et alliée sur la voie spirituelle.

Extrait du livre "Bouddha Rebelle" de Dzogchen Ponlop Rinpoché
Transcription du 11 septembre 2016 - Chantal Gorski

Tag(s) : #Enseignements

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